Vagabondages à Acoma, Nouveau-Mexique

Excursion à Acoma organisée par l’Association des lecteurs de Le Clézio le mercredi 20 mai 2015.

La journée commence avec un imbroglio qui nous fait parcourir la ville d’Albuquerque en tous sens, de l’aéroport au centre-ville pour finir au pied des Monts Sandia. Glenn et moi prenons chacun le volant d’un mini-van, rouge pour lui, gris pour moi, et faisons embarquer le reste des participants impatients de partir à la découverte du pueblo d’Acoma, « the sky city », le village (plutôt que la ville) situé en plein ciel, au sommet d’une mesa.

La route traverse des étendues semi-désertiques, où domine la teinte ocre, celle des poteries admirées la veille, celle des murs en adobe rencontrés partout, à Albuquerque et à Santa Fe.

DSC09999Une véritable symphonie de couleurs éclate par moments, quand la pierre laisse à nu les couches qui se superposent pour offrir une palette déjà toute faite aux artistes peintres de passage. Nous reviennent en mémoire les toiles de Georgia O’Keefe, la passionnée du désert – certains d’entre nous ont eu la chance de visiter le musée qui lui est dédié.

Une première mesa surgit.

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Plus tard, un autobus nous conduit au village des hauteurs, où nous attend la guide – Christina, Kristin ou Christine, elle n’est pas à ça près, une fois une dame l’a appelée Monica – qui nous explique qu’il ne reste plus que 35 habitants dans ce village difficilement accessible, sans eau ni électricité, des anciens surtout, même si chaque maison reste la propriété d’une famille. Les échelles sont restées, même si des portes ont été ajoutées, souvenir d’un temps où l’on accédait à l’intérieur par les toits.

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Elle poursuit ses explications, mais les corbeaux lui volent la vedette en venant se poser tout près ou en survolant les mesas que l’on voit de loin, encore plus inaccessibles que ce village où l’on se trouve. DSC00011

Corneille ou corbeau ? Vraisemblablement un chihuahuan raven, un oiseau qui a la forme du corbeau et la taille de la corneille et qui vit dans les zones désertiques du Sud-Ouest américain.

Peuple du ciel ou peuple de la pierre blanche ? C’est ce que le nom d’Acoma signifie, paraît-il. Le ciel et la pierre n’en finissent plus de se répondre l’un l’autre, le premier en étirant ses nuages si délicats, le second en prenant des poses émouvantes qui ont de quoi susciter une rêverie minérale.

 

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« Le vent des rives », chez Mémoire d’encrier

Nouveauté Mémoire d'encrier_Le vent des rives_BOUVET
http://memoiredencrier.com/le-vent-des-rives/

« Pour une approche géopoétique du récit de voyage »

Un article écrit en collaboration avec Myriam Marcil-Bergeron et publié en ligne dans le dossier de la revue Arborescences (Études françaises, Toronto) consacré aux liens entre la littérature et l’espace. http://www.erudit.org/revue/arbo/2013/v/n3/index.html

Vallée du Drâa

Vallée du Drâa

Cet article présente les bases du mouvement initié par l’Institut international de géopoétique. La dimension transdisciplinaire de ce champ de recherche et de création, fondé par Kenneth White en 1989, de même que la prédominance de certains principes tels que le nomadisme, le dehors et la critique radicale, rejoignent plusieurs préoccupations propres au récit de voyage, situé au croisement de la littérature et de la géographie. L’approche géopoétique ouvre la réflexion aussi bien sur le pôle poétique, soit le rapport intrinsèque entre le voyage vécu et l’écriture du voyage, que sur le pôle de la lecture, qui implique de prendre en considération la subjectivité du lecteur et son propre rapport au monde. L’examen de quelques Écrits sur le sable d’Isabelle Eberhardt donne l’occasion d’explorer différentes notions importantes en géopoétique telles que le paysage, la polysensorialité et le mouvement.

Représentations de l’espace et genres littéraires

Conférence sur les Représentations de l’espace et les genres littéraires (récit de voyage, roman, récit fantastique) présentée au séminaire « Vers une géographie littéraire? » de Michel Collot et Julien Knebusch à Paris-III (Sorbonne Nouvelle) le 6 avril 2012.
Vous pouvez visionner la conférence sur le site « Vers une géographie littéraire » (il s’agit de la sixième séance) à l’adresse suivante:
Séminaire 2011-2012 Sixième séance

La presqu’île de Crozon, au début ou à la fin de la terre ?

Les Tas de pois et la pointe de Pen-Hir à l'horizon

La presqu’île de Crozon, est-ce la fin ou le début de la terre? Comme elle est située dans le Finistère, on pourrait croire que la toponymie appuie la première hypothèse. Mais il faut se rappeler que dans la langue d’ici, le breton, ce département se nomme « Penn-ar-bed », ce qui signifie « la tête du monde ».

Depuis la Pointe de Dinan, on aperçoit au loin la Pointe de Pen-Hir et les « Tas de pois », ces rochers qui s’avancent en file indienne dans la mer. Quand j’étais enfant, la côte bretonne m’apparaissait comme la fin des terres, puis le désir m’est venu d’aller au-delà. Quand je reviens arpenter les sentiers des douaniers de cette terre d’enfance, j’ai l’impression d’être à la proue d’un navire, et je m’enfonce tête première dans ce paysage étrange et fascinant, bouleversée par la beauté de ce monde flottant.

Vagabondage à Brest

 

Vagabondage à Brest

Sur les traces de Léon l’Africain. Un voyage en solitaire

Une boucle arabo-andalouse déroulant ses étapes en écho à une traversée à la fois vécue et littéraire, celle de Hassan ibn Mohammed Al-Zayyati al-Fasi al-Wazzan, mieux connu sous le nom de Jean-Léon de Médicis, comme le rappelle Amin Maalouf dans son roman historique Léon l’Africain. Ayant fui Grenade après la chute de la ville à la fin du XVe siècle, ce dernier s’était établi à Fès, avant de poursuivre son périple tout autour du bassin méditerranée.

Pour visionner le power point cliquer ici 

Présentation audio

Source du MP3 et du PowerPoint

De Fès à Guérande

De Fès à Guérande
Des tanneurs aux paludiers

Dans les ronds d’eau douce colorée
Les peaux
Séchées à l’air libre

Dans les carrés d’eau de mer
Le sel
Recueilli au premier soleil

La salicorne a envahi les marais abandonnés
L’eau s’est retirée
Les formes se sont estompées

De calanque en bayou

Le hasard m’a conduit en moins de deux semaines des calanques de Marseille aux bayous de la Louisiane, des dentelles de calcaire aux cyprès chauves pétrifiés, de l’eau de roche aux eaux troubles, de la transparence azurée aux marécages verdâtres.

Érodée par le vent et l’eau, la pierre repousse de son mieux la végétation. De maigres silhouettes de pins tentent malgré tout de se frayer un passage. Dans les méandres laissés par le Mississippi, les branches s’étirent si loin qu’elles semblent chercher leurs racines profondément enfouies dans l’eau et le sable, là où l’idée même de la pierre semble inexistante.

Pointe du Raz, juin 2008

Bonjour à tous depuis la Pointe du Raz, aussi nommée le «bout du monde» et située dans le Finistère (la fin de la terre) près de Douarnenez. L’île que l’on devine dans le lointain est l’île de Sein.

De retour au pays après quatre ans d’absence, je savoure les paysages bretons à forte dose: au gris des pierres se jetant dans l’océan bleu-vert, ajoutez l’or des genêts qui brille encore en juin et quelques taches de violet (les bruyères commencent tout juste à fleurir) et vous aurez une idée du spectacle grandiose que l’on trouve dans le coin. Peu d’efforts à faire en somme pour se trouver en territoire géopoétique!

Je vous transmets du même souffle les salutations de Kenneth White, très heureux de recevoir notre dernier carnet de navigation, qu’il a trouvé magnifique, ainsi que les commentaires élogieux de la part de Michèle Duclos de Bordeaux et d’Alexandre Gillet de Genève, avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger. Les glaces de Cap-Santé font donc le tour de l’archipel…

Bisous & kenavo,
Rachel