Tisser les voix

de la Bretagne au Québec, du lac à la mer

Un silence, pour commencer.
Nous nous arrêtons au bord du lac Ramage, sans un mot, sans un geste qui trouble le calme des lieux. Pas même le son feutré d’un tamia, ni le chickadee d’une mésange à tête noire, seulement un groupe d’une vingtaine de personnes plongées dans une contemplation rêveuse. Nous écoutons le silence, interrompu par la pluie qui soude les êtres ensemble à petits coups réguliers sur les capuches et sur les feuilles, l’eau qui s’infiltre peu à peu et qui avive les couleurs jaune et rouille. La pluie a transformé le sol en une éponge dans laquelle ma botte s’est enlisée tout à l’heure – le bruit de succion qui s’en est échappé quand je l’ai retirée résonne encore dans mes oreilles.

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Il y a le silence voulu, recherché, celui qui nous permet d’être à l’écoute du lieu. Et il y a le silence imposé, celui qui surgit en raison d’une défaillance des cordes vocales. Celui-là demande un long apprivoisement. Perdre la voix du jour au lendemain, ne plus avoir accès à la parole, moyen privilégié pour l’échange avec autrui, transforme le rapport à l’humanité. Par chance, un ami m’avait prêté son chalet laurentien, alors je m’y suis réfugiée. Au milieu de la forêt mon silence ne faisait pas tache, il était en accord avec l’environnement, alors qu’au milieu de mes semblables, je me sentais toujours en décalage. Privée de l’instrument me reliant à eux, je me suis rapprochée de la forêt – son silence m’apaisait. Je descendais jusqu’à la rivière, j’imitais ses glougloutements, l’un des seuls sons qui pouvaient sortir de ma bouche. Avec l’arrivée de picti pipon, la saison où les rivières commencent à geler, comme l’appellent les Attikameks, la rive s’est prise chaque semaine un peu plus dans ses dentelles glacées jusqu’à devenir aussi solide qu’un roc et les clapotis de la rivière se sont tus à leur tour. Alors j’ai chaussé mes raquettes pour m’enfoncer dans les neiges étouffant les sons au fur et à mesure, dans le blanc qui s’étend à perte de vue et qui s’offre en contrepoint au silence.

Les vents se sont mis à souffler.
Arrivés au clair de lune, en raison des courses à faire en chemin et des embouteillages qui nous ont passablement retardés, nous percevons les bruits du lac avant de le voir. La tempête s’est invitée à l’atelier du lac Marie-Le Franc. Les vagues heurtent les roches avec force, au rythme des souffles puissants qui les soulèvent, comme si le lac voulait célébrer avec fracas l’anniversaire de celle dont il porte le nom, imiter les débordements de l’océan qui entoure la presqu’île ouverte à tous les vents d’où elle provient. Le lendemain soir, bien à l’abri à l’intérieur du chalet, nos souffles réunis nous font voyager entre les paysages bretons et québécois tandis que nous lisons, tour à tour, ses textes à la lueur des bougies.

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C’est l’air qui donne naissance à la voix, en faisant vibrer naturellement les cordes vocales. Que l’une d’elles arrête de bouger, et plus aucun son ne sort de la gorge. Il faut alors transformer l’instrument à cordes en un instrument à vent, chercher le souffle au plus profond de soi, inspirer et expirer le plus fort possible, laisser le ventre se gonfler d’air comme le fait la poche du biniou. J’appelle à moi les souffles puissants de l’univers, les brises qui rident mers, lacs et rivières, les alizés familiers qui m’ont déjà porté, de l’Égypte à l’Espagne, du Maroc au Brésil ; j’appelle à moi les souffles émanant de mes compagnes et compagnons d’aventures géopoétiques, les souffles de l’esprit, ouverts sur le large, les vents qui ont porté Marie jusqu’ici. Et l’inespéré se produit : grâce à la force de l’air, la corde vocale recommence à vibrer, comme une harpe caressée par les vents. Le souffle s’est accordé à celui du monde.

L’écho du lac et le chant des lounes
Deux chaloupes s’immobilisent à une centaine de mètres du rivage : Julien et Marjolaine se tiennent debout, face à nous, tandis que Gilles et Nicolas rament de temps à autre pour empêcher les embarcations de voguer avec le courant. Yannick et Étienne arrivent des deux côtés de la plage, revêtus eux aussi de vestes audioportables. Nous sommes une quarantaine de personnes réunies pour l’occasion – les gens de la région et de la Réserve faunique Papineau Labelle nous ont rejoints pour l’hommage à Marie Le Franc et l’inauguration du panneau d’interprétation – placées au centre d’un dispositif sonore où la voix de Chloë cède par moments la place aux bruits de l’eau et aux chants des lounes. Justement, un huard s’est posé à quelque distance des bateaux, il observe de loin ses drôles de comparses, attiré par le chant. Après l’expérience individuelle de la nuit avec les écouteurs sur les oreilles et la performance dans le sentier près du chalet, intégrant les extraits d’Hélier fils des bois à une composition musicale faite à partir des sons de la forêt, c’est l’apothéose. Nous vivons un moment magique où l’eau du lac participe au mouvement ambiant en jetant ses vagues sur le rivage, où les paroles se répercutent sur le sable avant de s’évanouir peu à peu, laissant leurs échos s’enrouler en nous en ribambelles.

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Ce n’est pas en imitant les syllabes humaines, comme le fait l’enfant, que l’on réapprend à parler, c’est en imitant les cris d’animaux. Les exercices d’orthophonie consistent à produire séparément chaque son du répertoire en commençant par le plus simple – le « iii » de la chauve-souris – avant de perfectionner tour à tour le hululement de la chouette (« hou, hou »), le sifflement du serpent (« ss »), le bourdonnement de la guêpe (« zzz »), le meuglement de la vache (« mm »), etc. Le hasard a voulu que mon fils suive un cours d’ornithologie au moment où j’en étais rendue à faire des gammes imitant les animaux les plus divers. Nous avons fait ensemble les exercices de reconnaissance des cris d’oiseaux en pépiant à qui mieux mieux. Me sont revenues en mémoire ces virées avec le radio-cassette sous le bras pour enregistrer les chants des mésanges, des rouge-gorges, des pinsons et des fauvettes au printemps dans le bas du chemin. L’émerveillement vécu durant l’enfance – la mienne, la sienne – s’est transformé en un amour commun pour la biologie, la science du vivant.

Les voix, le chœur.
Pour débuter la soirée de lecture, nous faisons entendre un enregistrement de la voix de Marie, marquée par des modulations d’un autre temps. Sa voix chantante, un peu chevrotante, passe des aigus aux graves sans arrêt, suivant les codes d’autrefois. Laure parle d’elle comme d’une grande sœur, mais ce soir c’est la voix d’une grand-mère qui nous rassemble. Le cercle autour de la table éclairée aux bougies fait entendre des voix graves, sopranos, aiguës, éraillées, suaves : tous les timbres, toutes les textures sont représentés. Les extraits lus se rapportent chacun à un choix personnel, une lecture sentie, qui évoque la rivière, la ville, la mer, la forêt, des échos qui enclenchent l’interprétation, au sens musical du terme. Intimité des voix qui se dévoilent : l’émotion circule, d’une personne à une autre, d’une voix à l’autre, déroulant ses vagues de proche en proche. Certains se connaissent depuis longtemps – depuis les tout débuts de La Traversée – d’autres viennent de se joindre au groupe, mais cela importe peu : tous sont impliqués dans une aventure commune, où un chœur de voix s’élève, en écho à la voix chaude et modulée de Chloë qui retentira au milieu de la forêt et sur le lac, amplifiée par les haut-parleurs, s’inscrivant avec harmonie dans le paysage sonore du lac Marie-Le Franc.

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Contrairement à ce qu’en dit l’opinion courante, l’émotion n’a pas son siège dans le cœur, mais dans la gorge. Quand la voix se brise, elle n’a plus rien pour se canaliser. La moindre contrariété occasionne des douleurs physiques, la plus petite joie se traduit en un rire cassé, le motton dans la gorge reste pris, impossible à déloger, les émotions sont à fleur de peau. Le dérèglement de la voix laisse le cœur à nu. L’égoïsme des uns, le manque d’empathie des autres, leur suffisance et leur aveuglement hérissent et blessent. Je pense à La Traversée comme à une oasis où le sens de l’humain se cultive, comme se cultive notre rapport au monde, aux forêts, aux lacs… J’ai plus que jamais besoin de ces liens d’amitié et de tendresse développés au cours des années. Pour pallier la faiblesse de ma voix, je tente de la faire résonner avec celles des autres, de partager l’émotion.

Tisser les voix
Libérée, la voix circule de manière fluide, comme l’eau entre les rives. Le lac, la mer, la rivière conduisent les voix comme le ferait une pirogue, ce sont elles qui font résonner les paysages entre eux. À force de sillonner les mêmes pistes année après année, Laure, Yannick et moi, tous trois venus de Bretagne au Québec, avons fini par creuser des chemins et croiser celui de Marie, par construire à l’aide de nos pas un réseau suffisamment solide pour inviter d’autres à y cheminer à leur tour, à explorer ces résonnances, ces échos entre des territoires aimés qui se répondent. Nous cherchons à tisser les voix pour faire vibrer, pour ouvrir l’espace aux souffles du monde.

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« Cultiver le sauvage » : atelier géopoétique du solstice d’été à Bruxelles

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PROGRAMME REVU et CORRIGÉ:

Vendredi 19 juin à 14h: Rendez-vous au pied du dinosaure, Musée des sciences naturelles – 17h : Déambulation au parc Léopold et friche Eggevoort – 19h: Frites à la Maison Antoine, place Jourdain

Samedi 20 juin à 10h: Rendez-vous au Rouge-Cloître, forêt de Soignes – Balade-rencontre avec le garde-forestier Willy Vandevelde – Pique-nique en forêt et lectures gé0p0étiques – Film de Bernard Crutzen « Bruxelles sauvage, faune capitale »

Dimanche 30 juin à 10h: Balade-expo-atelier au Jardin botanique Meise avec l’artiste en résidence Sandrine de Borman – 15h : Conférence de Rachel Bouvet sur la géopoétique et le végétal.

Pour plus de renseignements sur les « iters » de Sandrine de Borman et son travail artistique avec le végétal, visitez son site web: www.sandrinedeborman.be

L’atelier est ouvert à toute personne intéressée par la géopoétique, qu’elle soit membre de l’Atelier du Héron (Belgique), de La Traversée (Québec), d’un autre îlot de l’Archipel géopoétique ou d’un autre horizon. Bienvenue à tous !

Balade littéraire au Lac Marie-Le Franc

À l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Marie Le Franc, une écrivaine d’origine bretonne ayant fait du Québec sa seconde patrie (1879-1964) et célébré la nature laurentienne, ses forêts et ses lacs dans ses poèmes et récits, un panneau d’interprétation a été installé au bord du lac Marie-Le Franc dans la Réserve faunique Papineau-Labelle, située dans la région des Laurentides. Ce panneau complète la balade littéraire en Bretagne intitulée « Sur les pas de Marie Le Franc » et offre au promeneur un parcours sonore intitulé « L’écho du lac ». Produit par La Traversée avec le soutien du CRILCQ et réalisé par le collectif d’artistes Audiotopie, il donne l’occasion de redécouvrir le roman Hélier, fils des bois, de voir autrement la forêt laurentienne et de vivre une expérience géopoétique et sonore des lieux.
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https://goo.gl/maps/cNZk5

Téléchargez les fichiers audio de "L'écho du lac" avant de vous rendre sur les lieux:

https://soundcloud.com/audiotopie/sets/echo-du-lac
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L’intervention géopoétique « À Marie Le Franc: des voix, de l’eau, des échos », organisée par Rachel Bouvet, Martha Tremblay-Vilao, Yannick Guéguen et Laure Morali dans le cadre de La Traversée-Atelier de géopoétique, a donné lieu à diverses activités: randonnée, écriture et échos de lecture, atelier de cartographie sonore, dérive en chaloupe et performances artistiques, inauguration du panneau d’interprétation réalisé grâce au concours de l’Association des amis de Marie Le Franc, de la municipalité de la Minerve, de la MRC des Laurentides, de la Réserve Papineau-Labelle, de La Traversée et du CRILCQ.
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Présentation de l’activité sur le site de La Traversée: http://latraversee.uqam.ca/evenement/marie-le-franc-des-voix-de-leau-des-chos

Paris sonore 3, par Pascal Naud

Voici quelques photos réalisées par Pascal Naud lors de la balade intitulée « Paris, arsenal sonore » et organisée par Yvan Dendievel dans le cadre du colloque« Ville et géopoétique » le jeudi 12 juin 2014.

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Paris sonore 2, par Pascal Naud (photos) et Yvan Dendievel (musique)

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Un morceau inspiré par la balade géopoétique à Paris, par Yvan Dendievel:
cie-migrations.fr/ayato-SJMM/lonzac/bounce5.wav

Pour écouter d’autres morceaux composés par Yvan, visitez le site web de la Compagnie Migrations:
cie-migrations.fr

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Paris sonore

« Paris, arsenal sonore » : tel était le titre du parcours proposé par Yvan Dendievel dans le cadre du colloque« Ville et géopoétique » le jeudi 12 juin 2014.

DSC09589La balade commence sur la place de la Bastille, en pleine cacophonie ; pour entendre les poèmes de Lorand Gaspar il nous faut tendre l’oreille. Distribués au hasard à chacun des participants, ceux-ci ponctueront le parcours, semant au passage quelques éclats solaires ou désertiques, propulsant l’esprit en de vastes contrées, scandant le désir et les sensations nées au contact des éléments.

Quelques marches plus bas, un quai à l’ombre longe la Seine, procurant soudain un silence apaisant, étonnant, sur lequel flottent quelques péniches bien amarrées, des péniches devenues jardins, ou gardiennes de chats, entre lesquelles trois canards se glissent, et l’on se surprend à questionner la berge d’en face, aux airs de plage, sur laquelle se prélassent des corps nonchalamment étendus en plein soleil. On devine les gens en train de papoter, et on remercie la distance de ne pas porter leurs voix jusqu’à nous. Lequel des deux quais est le plus propice à la démarche géopoétique ? Entre le quai ensoleillé, aménagé pour les promeneurs, et le quai ombragé, où le calme et la compagnie des péniches se savourent de manière impromptue, la discussion s’engage, où les amateurs de coins perdus ont de toute façon gagné d’avance.

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Lionel remonte l’escalier pour capter le contraste saisissant entre la cacophonie du haut et le silence du bas, son enregistreuse à la main, avant de nous lire quelques fragments signés Reda, un surplus de citations n’ayant pas trouvé leur place dans la conférence qu’il prononcera le lendemain, pour notre plus grand bonheur. Des pigeons et des mouettes traversent le ciel, recueillant sur leurs ailes quelques miettes de soleil. D’énormes tanches se pressent près de l’écluse, espérant peut-être une sortie vers l’eau libre.

Sous le pont, nous faisons une pause pour sentir le plafond vibrer au son du train qui roule au-dessus de nos têtes. Le rythme rappelle celui du cœur, un cœur immense, gigantesque, angoissant, dont nous attendons le battement suivant avec l’appréhension de ceux qui savent qu’un train leur passera dessus.

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Autre quai, autre lumière, autre ambiance acoustique : ici les bateaux bougent, on distingue la basse de la péniche, le hurlement des sirènes des sauveteurs, les ritournelles pour touristes des bateaux-mouches, la musique classique du bateau-restaurant, et toutes ces langues entendues en chemin, parmi lesquelles le français traîne loin derrière les autres… À mon tour de lire, j’ai choisi un lieu moins bruyant, mais malgré tous mes efforts ma voix ne porte pas. Alors les têtes se rapprochent, le cercle se referme – intimité de la parole poétique échangée sur les quais.

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Lors d’une halte dans un paysage minéral et aquatique, Yvan sort sa clarinette et se laisse aller à l’improvisation. Les sons se distribuent tout autour en de longues méditations musicales, effleurant les toits, le pont en face – les voitures avancent et s’arrêtent au rythme de la musique, remarque Brigitte –, le timbre de l’instrument nous guide, dirige notre attention vers tel ou tel endroit, construisant à sa guise un paysage sonore diffracté, où se mêlent les aboiements du chien, les cris des gens sur le fleuve, le bruit de l’eau et du vent dans les feuilles au-dessus de nous. De longues phrases se déroulent sur une seule note et prolongent la ligne ouverte par le fleuve, le musicien se laisse imprégner par le lieu, il étire le son et le module pour le laisser planer au-dessus de l’eau, la musique n’est plus que souffle, brise, l’émotion nous frôle, portée par la caresse du vent. Les pensées s’évident, l’esprit se libère pour accueillir la joie, intense, qui emplit l’espace, et soudain des rythmes auvergnats surgissent, réactivant pour un temps la mémoire du quartier, peuplé par des gens venus du lointain Massif central. Nos derniers pas nous conduiront jusqu’aux quatre cloches muettes de Notre-Dame, des cloches aux prénoms féminins composés et désuets déposées l’une près de l’autre et que l’on entend encore, pour peu qu’on prête l’oreille par-delà les siècles, sonner la libération de Paris.

Grand moment de géopoétique urbaine, parcours unique, tout en contrastes, offert en bord de Seine, axé sur le partage d’une sensibilité et qui révèle, en un point d’orgue, un accord secret avec le monde.

Rachel Bouvet

Guérande, le 17 juin 2014.

 

« Le vent des rives », chez Mémoire d’encrier

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http://memoiredencrier.com/le-vent-des-rives/

Écritures québécoises, inspirations orientales

Vient de paraître: « Les modalités de la rencontre avec l’autre dans les récits de voyages québécois en Afrique du Nord » dans l’ouvrage collectif dirigé par Janusz Przychodzen, Écritures québécoises, inspirations orientales. Dialogues réinventés?, Québec, Presses de l’Université Laval, 2013, p. 123-138.
Cet article étudie deux récits de voyage: Nouvelle Aventure en Afrique I. Au pays de la soif et de la peur de Jacques Hébert (1953) et En Tunisie d’Eugène Cloutier (1970).
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http://www.pulaval.com/produit/ecritures-quebecoises-inspirations-orientales-dialogues-reinventes

Énonciation et spatialité

Vient de paraître: « La spatialité troublée: le roman journal René Leys de Victor Segalen », dans l’ouvrage collectif dirigé par Florence de Chalonge, Énonciation et spatialité. Le récit de fiction (XIXe-XXIe siècles), Lille, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, p. 87-101.
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http://commandes.recherche.univ-lille3.fr/publications/ul3/414-enonciation-et-spatialite-le-recit-de-fiction-xix-xxi-siecles-9782844671325.html

« Pour une approche géopoétique du récit de voyage »

Un article écrit en collaboration avec Myriam Marcil-Bergeron et publié en ligne dans le dossier de la revue Arborescences (Études françaises, Toronto) consacré aux liens entre la littérature et l’espace. http://www.erudit.org/revue/arbo/2013/v/n3/index.html

Vallée du Drâa

Vallée du Drâa

Cet article présente les bases du mouvement initié par l’Institut international de géopoétique. La dimension transdisciplinaire de ce champ de recherche et de création, fondé par Kenneth White en 1989, de même que la prédominance de certains principes tels que le nomadisme, le dehors et la critique radicale, rejoignent plusieurs préoccupations propres au récit de voyage, situé au croisement de la littérature et de la géographie. L’approche géopoétique ouvre la réflexion aussi bien sur le pôle poétique, soit le rapport intrinsèque entre le voyage vécu et l’écriture du voyage, que sur le pôle de la lecture, qui implique de prendre en considération la subjectivité du lecteur et son propre rapport au monde. L’examen de quelques Écrits sur le sable d’Isabelle Eberhardt donne l’occasion d’explorer différentes notions importantes en géopoétique telles que le paysage, la polysensorialité et le mouvement.