La Bretagne comme ancrage

Un paysage à partager: celui de l’océan tel qu’on peut l’observer le long des côtes bretonnes sculptées par l’eau et le vent. Un paysage longuement écouté, goûté, humé, aimé, contemplé depuis les hautes falaises, en marchant sur le sable, ou en étant bousculée par les vagues, un paysage ayant laissé en moi des traces durables puisqu’il m’habite depuis l’enfance. C’est face à l’horizon marin que j’ai connu les premiers moments d’émerveillement face à la beauté du monde. Je suis restée sous l’emprise de cet élan si particulier fait de désir et de curiosité que suscite la vastitude, positionnant l’esprit dans un mouvement d’ouverture. Si ce paysage fondateur me procure un sentiment d’être-au-monde d’une telle intensité, c’est sans doute parce que mon ancrage y est très profond. Mais qui dit ancrage annonce en même temps le départ, le voyage. C’est tout le contraire d’un enracinement, d’une fixation de l’identité dans un territoire. Lors d’un récent séjour à Brest, dans le Finistère, j’ai compris pourquoi il m’est si difficile de faire ce que la plupart des gens font sans mal, c’est-à-dire habiter un même pays toute une vie durant. J’ai beau faire, je ne peux m’empêcher de me projeter vers un ailleurs, vers des lointains inconnus qui m’attirent comme des aimants, puis vers des territoires connus et aimés qui me ramènent à eux, où que j’aille. Le fait est que je ne peux rester trop longtemps éloignée de la Bretagne. Après un certain temps, je ressens une douleur sourde, un mal à l’âme qui me fait chavirer, rendant le quotidien insupportable, et je ressens le besoin, physique, de marcher sur le sentier des douaniers pour rêver pendant des heures, de m’asseoir près des touffes de bruyère pour que mes pensées puissent se dévider dans les bourrasques et suivre les lacis de l’écume en bas des rochers, de nager dans l’eau salée jusqu’à être totalement submergée par la fascination sans bornes que procure l’océan.
Alors j’y retourne, encore et toujours. La lame de fond qui me ramène à mon ancrage premier apporte à chaque fois son lot de découvertes. J’ai intégré sans m’en rendre compte le mouvement du ressac, un mouvement devenu tellement familier qu’il fait maintenant partie de mon identité. Ceux qui ont vécu près de la mer comprendront comment un tel accord avec l’élément aquatique en vient à se nouer, comment on finit par incorporer le rythme de la houle, comment un calme intérieur nous habite après d’interminables marches le long de l’océan, le regard rivé sur les vagues ou sur les goélands, la peau et les cheveux caressés par le vent, et le bruit réconfortant de la mer toute proche, se fracassant sur les rochers aux formes extravagantes. Le paysage maritime est soumis à une tension constante entre la crête et le creux de la vague, entre le flux et le reflux, entre le proche et le lointain. Il vibre au rythme cosmique de la marée, tributaire de la force d’attraction de la lune. Tandis que les chocs répétés de l’eau sur la pierre et les rafales soufflant sur la lande cisèlent le granit, les vagues remuent sans arrêt les algues, les coquillages ainsi que les fines particules recouvrant la grève et finissent par arrondir les pierres prises dans leur roulis. Vivre à l’unisson de cette force gigantesque, sublime, c’est aussi côtoyer une douceur infinie, celle du galet dans le creux de la paume, celle du sable sous le pied, celle du souffle sous l’aile de la mouette. Empreint de force et de douceur tout à la fois, le paysage maritime accueille autant les déchaînements les plus formidables lorsque des tempêtes font rage que les sons mélodieux des flûtes ou des harpes celtiques en temps d’accalmie.

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Sur les traces de Léon l’Africain. Un voyage en solitaire

Une boucle arabo-andalouse déroulant ses étapes en écho à une traversée à la fois vécue et littéraire, celle de Hassan ibn Mohammed Al-Zayyati al-Fasi al-Wazzan, mieux connu sous le nom de Jean-Léon de Médicis, comme le rappelle Amin Maalouf dans son roman historique Léon l’Africain. Ayant fui Grenade après la chute de la ville à la fin du XVe siècle, ce dernier s’était établi à Fès, avant de poursuivre son périple tout autour du bassin méditerranée.

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