Balade géopoétique en bord de Loire 2, par Nuscia Taïbi

@RBouvet

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Le point de départ était les traces, qui en avaient laissé de profondes et nombreuses depuis l’année dernière. Elles nous ont menées ici pour cette expérience, ensemble à nouveau pour certaines, une nouvelle fois hors des formats universitaires habituels. Dans la marge, en bref, celle qui peut être si féconde, celle d’où l’on prend du recul pour décentrer le regard et qui rappelle encore le colloque «Traces du végétal».
Cette balade géopoétique nous a transportés de la pointe, confluence des eaux de Maine et de Loire, à l’atelier de Dominique Rousseau, manipulateur de végétaux et de traces.
@ CPavie

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Nous étions dans le paysage et nous y mélangions nos regards, nos savoirs dans la plus parfaite des improvisations apparente, mais, comme au théâtre, dans un cadre et avec des objectifs. Nous y avons voyagé au long cours des bords de Loire jusqu’au Brésil et autres contrées exotiques, des inondations, tardives et exceptionnelles, aux embrasements des forêts tropicales sud américaines, conférant à ces paysages ordinaires un caractère extraordinaire. Les gris-bleus délavés verdâtres ligériens se sont fondus aux verts bleus des profondeurs océanes, glauques et fantasmagoriques. La pluie et la fraîcheur d’Angers se sont effacées dans cette parenthèse ouverte dans la semaine, face à cette profusion insoupçonnée d’éléments exotiques qui se révélaient le long du chemin : végétation méditerranéenne avec figuiers et autres arbustes aux caractères visiblement xérophiles ; roses de Chine comme je me plais à le penser depuis un séminaire végétal passé organisé par Cristiana; souvenirs africains face au fleuve roulant ses eaux gonflées par les pluies incessantes des dernières semaines, réminiscence du fleuve Sénégal également ressurgi à l’évocation d’un ami disparu, connaissance commune avec les deux promeneurs rencontrés.
Les rosiers vagabonds et les églantiers ont eux aussi transgressé les limites pour s’inviter le lendemain matin dans le séminaire de l’axe « Culture du végétal » où nous avons poursuivi nos promenades et rêveries éveillées.
Aujourd’hui encore dans la moiteur d’Angers en ce début d’été, ce sont les descriptions de Marie Le Franc lues par Rachel qui me viennent à l’esprit pour mettre en mots des sensations entremêlées à des souvenirs vécus ailleurs dans des forêts finlandaises estivales ou comoriennes tropicales humides.
Bref, cette histoire n’est pas finie.

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