Des cailloux en chemin

8 juillet 2009, Jardins du Précambrien,
site no 6, installation de Suzanne FerlandL1.
Symposium d’art international d’art in situ, Fondation
Derouin, Val-David.

De loin, on aperçoit des visages de pierre en haut des arbres. Qui est-ce ? Pourquoi ces
troncs ont-ils des têtes humaines ? Comment la pierre peut-elle tenir en équilibre sur des poutres
aussi minces ? De loin, ils semblent nous attendre, postés qu’ils sont de chaque côté du sentier et
placés en vis-à-vis, comme deux sentinelles qui nous invitent à entrer, à condition de passer en
silence sous leurs regards hautains. Plus tard, je saurai ce qu’ils représentent, pourquoi ils sont là,
mais j’aimerais faire durer encore un peu l’énigme de la pierre. Voici donc des cailloux qui
ouvrent le chemin et qui font lever la tête, jusqu’aux plus hautes branches.

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La géopoétique in situ

18 juillet 2009.
Symposium international d’art in situ, Fondation Derouin, Val-David.

Créer un sentier, c’est marquer de façon durable sur le sol l’empreinte de ses pas, c’est choisir une certaine orientation de la marche, c’est déterminer à l’avance les montées et les descentes que le pied des autres foulera, c’est prévoir la direction dans laquelle plongera le regard, c’est louvoyer entre les roches précambriennes pour les faire admirer au passage, c’est ouvrir un espace d’ombre ou de lumière que l’on pourra habiter le temps d’une déambulation.

La plupart du temps, nous pratiquons les chemins sans y penser ; mais en géopoétique, l’idée même du parcours, du mouvement enclenché par la marche —un mouvement qui suscitera chez l’un l’observation, chez l’autre la réflexion, ou encore la rêverie—, cette idée du parcours donc nous occupe au plus haut point. D’ailleurs, si nous avons choisi de nommer notre Atelier de géopoétique La Traversée, c’est entre autres parce que c’est un

« terme plutôt relié à l’espace qu’au travail proprement intellectuel
la traversée du désert, de l’océan, d’un col en haute montagne, des Amériques, des lacs gelés, du Grand Nord, des glaces …
ou encore le fait d’avoir à traverser les approches traditionnelles
pour passer à autre chose, à la géopoétique. […]
la traversée qui est essentiellement mouvement, et la force du regroupement
qui nous permet d’être assez solides, nombreux, complices
pour oser le mouvement de la traversée. 1»

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De calanque en bayou

Le hasard m’a conduit en moins de deux semaines des calanques de Marseille aux bayous de la Louisiane, des dentelles de calcaire aux cyprès chauves pétrifiés, de l’eau de roche aux eaux troubles, de la transparence azurée aux marécages verdâtres.

Érodée par le vent et l’eau, la pierre repousse de son mieux la végétation. De maigres silhouettes de pins tentent malgré tout de se frayer un passage. Dans les méandres laissés par le Mississippi, les branches s’étirent si loin qu’elles semblent chercher leurs racines profondément enfouies dans l’eau et le sable, là où l’idée même de la pierre semble inexistante.