La carte dans une perspective géopoétique

Résumé
Cet article propose une réflexion sur le rôle de la carte en géopoétique.
Après un examen des composantes générales de la carte et de l’ima-
ginaire cartographique, deux exemples dans lesquels la lecture de la
carte déclenche l’écriture sont étudiés : la « navigation géopoétique »
d’Aurelia Arkotxa à travers des routiers-viatiques de Terre-Neuve et
l’élaboration du poème chez Kenneth White. Ensuite, les gestes de
la cartographie sont remis en question afin d’ouvrir la réflexion sur
une nouvelle manière de créer des cartes, favorisant l’interaction entre
l’être humain et le dehors, la saisie concrète et sensible du lieu plutôt
qu’une saisie abstraite et conventionnelle, le maintien d’une relation
avec l’événement, la recherche de nouvelles conventions et de rapports
diversifiés entre les lieux et les signes. Lorsqu’elle est envisagée dans une
perspective géopoétique plutôt que dans l’optique géographique habi-
tuelle, la carte a tendance à perdre son rôle de médiation technique,
d’outil pratique servant au déplacement, pour acquérir une dimension
discursive et esthétique, pour tenter d’exprimer les sensations vécues,
les réflexions menées au croisement des disciplines, et pour rendre
encore plus manifeste l’appel du dehors.

Texte complet : La carte dans une perspective géopoétique

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Pour une approche géopoétique de la lecture. Avancées dans l’univers de Victor Segalen

dans Rachel Bouvet et Kenneth White [éd.],
Le nouveau territoire. L’exploration géopoétique de l’espace, Université du
Québec à Montréal, Figura, Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire,
coll. « Figura », n° 18, 2008, p. 127 – 145.

Champ de recherche et de création, la géopoétique vise à
concilier deux démarches différentes, l’une orientée vers la
connaissance et marquée par la rigueur et la logique, l’autre
vers l’écriture ou la pratique artistique et faisant jouer les
ressorts de l’intuition et de la sensibilité. Ceux qui possèdent
un bagage scientifique, ou disons académique, étudient
les œuvres créées dans le champ géopoétique et tâchent de
mettre en évidence l’intérêt de cette ouverture sur le dehors,
en privilégiant toujours nettement une démarche analytique
et réflexive mais en laissant place à leur propre sensibilité.
Ceux qui ont développé d’abord et avant tout leurs facultés
créatrices tirent parti des réflexions philosophiques sur le
rapport au monde, des connaissances scientifiques, de leur
propre expérience du monde sensible, afin d’évoquer à l’aide
des mots, des images ou des formes plastiques l’univers dans
lequel ils évoluent. La lecture occupe une place importante
dans cette démarche : il suffit de songer aux nombreux
« compagnons de route » de Kenneth White, dont il parcourt
assidûment les œuvres dans ses essais, à l’affût des pensées
proches de la géopoétique. ( la suite ici )